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Déforestation et zoonose, quand 500 à 800 000 virus rêvent d’être « déconfinés »…


Deux informations à mettre en perspective parues ces derniers jours.


D’une part une étude du CIRAD qui montre que la déforestation depuis 1990 a été largement sous-estimée, notamment de plus de 30% en Afrique à cause d’une destruction de type "mosaïque" donc difficilement appréhendable sans outils satellitaires très précis. Concrètement, on parle d’une surface annuelle égale à celle de l’Irlande ou si vous préférez, l’équivalent de 20 terrains de foot chaque minute dans le monde !


De l’autre un passionnant reportage sur les zoonoses autrement dit les maladies transmises à l’Homme par des animaux et le lien avéré entre la réduction de la biodiversité et l’augmentation de ces maladies à l’échelle mondiale avec un chiffre qui laisse pour le moins songeur donné par les chercheurs de l’IRD : il existe aujourd’hui entre 500 et 800 000 virus potentiellement pathogènes pour l’Homme qui sont pour l’instant confinés dans la nature mais qui ne demanderaient qu’à se développer si nous continuons sur ce rythme effréné de déforestation décrit précédemment…


De la même façon que les premiers effets sur le climat sont de plus en plus palpables, la pandémie que nous vivons constitue un premier signe de l’impact de l’Homme sur la biodiversité.

La réponse que nous pouvons apporter à ces nouveaux maux tient en deux mots :

lien et comportements

Le lien, c’est notre capacité à comprendre puis à agir sur les interactions entre l’Homme, les animaux et les écosystèmes. Concernant les zoonoses, c’est ce que tente de faire l’approche « One Health » développée depuis une vingtaine d’année, notamment pour créer des réseaux d’agriculteurs, de vétérinaires, de médecins et d’écologues qui travaillent ensemble pour mieux appréhender ces interactions et les conséquences qu’elles provoquent.


Les comportements, c’est notre faculté à comprendre que nos modes de vie ancrés dans une consommation addictive (la dernière version, la dernière série, …) et linéaire (j’achète, je consomme, je jette) doivent être revus en profondeur… mais sans forcément être vécu comme un retour en arrière, une régression de l’espèce humaine et du progrès qui va avec.


C’est là que par un effet réflexif, on revient au lien. Cette fois, vu sous l’angle du lien social (le vrai, pas celui des réseaux sociaux personnels), autrement dit les liens familiaux, amicaux, amoureux, charnels et sensoriels qui nous relient et nous rendent fondamentalement heureux.


Parce qu’en cultivant cette vision du « moins de biens, plus de liens », notre satiété au monde sera vecteur d’épanouissement et non de contrainte et d’asservissement.
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